samedi 14 juillet 2018

Pow Wow Ornans

Je ressors ce blog de la naphtaline pour vous raconter mon premier Pow Wow à Ornans...


(intro honteusement pompée à France3régions qui raconte tout ça très bien:) 


Cérémonie sacrée, lieu d'échanges et de rencontres où célébrer ses exploits de faits d'armes ou de chasse, le Pow Wow désormais élevé au rang de spectacle a pourtant été interdit au Canada jusque dans les années 50.
Le pow wow d'Ornans s'est déroulé sous la pleine Lune, qui prend ici la forme de Croix andine, par les hasards heureux de la prise de vue de mon téléphone.


Lieu de revendication identitaire célébrant les tradition des tribus des grandes plaines, cette grande fête s'est installée à Ornans pour trois jours. L'occasion pour les amérindiens invités de partager ces traditions avec le public mais aussi de parler de leurs combats pour la sauvegarde de leur identité et de leurs territoires, souvent menacés. 



Plus d'une vingtaine de nations étaient représentées pour cette 5e édition.

Les journées sont rythmées par des débats le matin sur la condition amérindienne, avec témoignages vécus (dont les invités d’honneur de cette édition, les Tekos de Guyane Francaise ). Les discussions sont animées par des spécialistes en cultures amérindiennes. 


L’après midi, c’est le pow-wow :. Successions de danses rituelles, rythmées par le son du tambour et les chants des Red Tail Spirit Singers.



Les danseurs revêtent une regalia exubérante. Ce n’est pas un costume , c’est un ensemble de vêtements et accessoires qui revêtent un caractère sacré.
Car avant d’être un spectacle, le pow wow est une cérémonie.



Lorsque l’on assiste à ce rassemblement rituel, on est invité à respecter quelques règles simples, ne pas toucher les régalia, ni les tambours qui sont sacrés, ne pas photographier ou filmer certaines phases de la cérémonie, ...
Moyennant quoi le public est parfois invité à se joindre à la danse, au ruthme des tambours.



Danses et surtout chants contribuent à l’impression d’y être.
Car malgré le public nombreux venu en famille, ce n’est pas la kermesse. Les marchands du temple sont tenus à l’écart, les prix sont contenus. Dans les quelques stands les seuls « vendeurs » sont en fait les artistes qui participent au spectacle, et présentent leurs réalisations.
Pour les amateurs d’art Inuït, il est même possible de dénicher des statuettes à des tarifs qui feront s’évanouir un marchand d’art du Marais.


Le Bonus : 
Au coeur du Doubs et de ses vallées majestueuses, Ornans est un charmant village au bord de la Loue. Les gorges de la Loue, à proximité constituent l’une des plus jolies routes que j’ai jamais arpentées à moto.
 



mardi 19 décembre 2017

Post Scriptum



Quelques vidéos bonus pour bien terminer (et apprendre à faire de l'édition vidéo) :)

Présentation du templs de Karnak - en Anglais












Plongée à Dahab

lundi 11 décembre 2017

Last days in Egypt

A l'arrivée au Caire, je re-signe au Wake up hostel. On y dort toujours aussi mal.
Une fois le concert de klaxon calmé, le concerto d'aboiements de chiens prend le relais, avant d’enchaîner sur le tonitruant appel à la prière de 4h50.

Je m'offre une nouvelle séance au musée égyptien en compagnie de Ilya, tatoueur estonien, et Jonathan (?) de Colombie rencontrés à l'hostel et nouvellement arrivés au Caire.
Du coup je m'improvise guide du musée pour eux, rassemblant les bouts de connaissance et expériences récoltées au cours des 3 dernières semaines, pour tenter de brosser un portrait synthétique de l'Egypte ancienne. Le méli mélo de données sur cette période commence à se clarifier :)


Le Fonds muséographique de ce temple de l'Egyptologie est tout bonnement ahurissant.




La Pierre de Rosette : Cet édit de Ptolémée V, retranscrit en 3 langues (Grec, Démotique et Hiéroglyphe) a permis à Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes.
Il s'agit d'une copie, l'original est au Bristish Museum, volé par les Anglais aux Français qui l'avaient eux mẽme volé aux égyptiens qui l'utilisaient précédemment pour caler un mur (véridique).  



Les hiéroglyphes étaient la langue des temples et des dieux,  la correspondance diplomatique se faisait en cunéiforme (écriture mésopotamienne). 
 
 



Colosses de Aménothep III et Tiyi, les parents d'Akhenaton (ci dessous)






Bon... je la tire ou je la pointe...?

Après deux milles ans d'immobilisme artistique, la statuaire égyptienne s'hellénise un peu après la conquête par Alexandre le Grand (-332)


Le lendemain, je m'offre les services d'un taxi à la journée pour aller voir les *autres* pyramides, qui sont les précurseurs des grandes pyramides de Gizeh.

A Saqqarah se trouve la toute première pyramide, celle de Djoser, dite "pyramide à degré". Culminant à 62m, elle est construite vers -2600 par Imhotep, grand vizir du pharaon Djoser.





Un immense complexe funéraire l'entoure, avec des tombes de dignitaires dont les fresques retracent assez fidèlement la vie quotidienne dans l'Egypte Antique

Ces dessins nous en apprennent beaucoup sur le peuple qui a bâti les pyramides.






Ici, l'oeuvre interrompue en cours d'execution montre les étapes du travail de l'artiste

Les fakes ne datent pas d'ajourd'hui : ici, le plafond en trompe l'oeil pour faire croire qu'il est en granit rose...

Scènes de la vie Egyptienne : mais que font tout ces gens ?

Scène traditionnelle d'offrandes au décédé

2 égyptiens tirent un traîneau portant de lourdes charges tandis qu'un troisième larron verse de l'eau pour faire glisser

Paysans maniant un ancêtre de la houe (qui est également un caractère hiéroglyphique)

La révolution française n'a rien inventé.
Voici la coudée étalon qui servait aux architectes des pyramides
Le moment où on descend dans une tombe est toujours assez impressionnant

Ici la chambre mortuaire de Ounas (Ve Dynastie)

Pendant les visites, les fouilles continuent

Vestige des pierres de parement de la pyramide d'Ounas

Chaque tombe comporte cette porte vers l'au delà (et donc scellée ! sauf dans le temple d'Osiris d'Abydos, puisque Osiris est revenu du monde des morts).

Devant chaque monument, un surveillant insiste pour vous accompagner, parasite la visite par ses commentaires pas toujours pertinents, alors qu'on aimerait jouer les découvreurs façon indiana jones. De plus il interdit les photos, puis suggère que moyennant un petit bakchich, on peut s'arranger...  J'arrive parfois à m'en débarrasser en expliquant d'entrée que je n'ai pas un kopeck.

Grande fresque du mastaba de Ti


Après Saqqarah, en route pour Dahchour pour étudier la suite de l'évolution de l'architecture des pyramides construites par Snéfrou,fils de Djoser et père de Kheops.

Après la pyramide à degrés de Djoser, la pyramide Rhomboïdale représente une première tentative vers une pyramide à face lisses. Mais arrivé à mi hauteur, il semble qu'il y ait eu un souci (éboulement? mort du souverain ?) et  la pente des faces change pour simplifier ou accélérer le chantier




La pyramide Rhomboïdale a pour l'essentiel conservé son revetement lisse, ce qui permet d'imaginer à quoi ressemblait la pyramide de Kheops à sa construction.

La pyramide rouge, 3eme pyramide construite, est la première "vraie" pyramide à face lisse. Elle précède celle de Kheops, est presqu'aussi large , mais moins haute ce qui lui confère cet aspect aplati.

La pyramide rouge est la 3eme des grandes pyramides à avoir été construite



Le revêtement en granit rouge est assez dégradé



On pénètre dans les appartements funéraires


Voûte en encorbellement des appartements funéraires

Après 3 semaines à arpenter les champs de ruine de l'Egypte ancienne, j'ai pu confronter au "terrain" mes lectures sur l'antiquité et voir de mes propres yeux ce que le génie humain peut réaliser lorsque l'ensemble d'une nation (sans doute la plus puissante du monde à l'époque antique) tourne ses efforts vers un grand dessein.
En effet, foin de théories fumeuses sur les "mystères" des pyramides : Sur les murs de leurs tombes, les Egyptiens antiques nous ont laissé une documentation détaillée sur leur vie quotidienne.
A défaut de maîtriser la roue, les égyptiens étaient ingénieux.

L'organisation sociale (avec notamment le Nil et ses crues) permettait de mobiliser toute la population sur ce qui était certainement la "grande cause nationale" du pays. Notamment pendant les 3 mois de crues du Nil qui mettaient au chômage l'ensemble de la population essentiellement paysanne.

Leur pays situé au carrefour de 3 continents était très organisé administrativement, religieusement et politiquement, comme en témoignent les  3500 ans qu'ont duré l'empire égyptien. Cette continuité est attesté par les  représentations religieuses qui n'évoluent pas ou peu sur ces 3500 ans, tandis que du coté de l'écriture, les hiéroglyphes laissent progressivement la place au hiératique, puis enfin au démotique.
Bref sans rien enlever à l'aspect titanesque du chantier des pyramides,  la théorie officielle d'une construction humaine avec les moyens de l'époque m'apparaît recevable, en tout cas bien plus que les nombreuses élucubrations vues et lues ici et là.

Certes, il est vraisemblable que les égyptiens antiques soient les héritiers d'une plus ancienne civilisation établie  autour d'une mer intérieure qui est devenu le désert du Sahel à la fin de la dernière glaciation (-10000).  Une migration s'étant établie vers la dernière vallée fertile subsistant au abords de ce désert.  Mais  des vestiges probants d'une telle civilisation restent à trouver.

Peut être que l'on ne cherche pas au bon endroit. 

Si l'on prend en compte la montée du niveau des mers (jusqu'à 80m ! ) résultant du dernier réchauffement climatique (vers-10000, donc),  et de la propension des civilisations à s'établir en bord de mer,  c'est dans doute sous l'eau qu'il faudrait chercher de tels vestiges.


On arrive à la conclusion de cette virée en Égypte. Avec un peu de temps, un peu de chance, et un stage accéléré en montage vidéo, il devrait y avoir d'ici quelques jours des bonus vidéo ;)


Au retour le survol des pics enneigés des Alpes est toujours un moment magique...





Prochain voyage : l'Iran ? Le Quebec ? La Nouvelle Zélande ?  Et vous qu'en pensez vous ?

Plongée en eaux profondes

Avant de rejoindre Le Caire, je m'offre encore à Dahab quelques belles plongées dans les eaux de la mer rouge.

Face à des tentatives laborieuses en apnée avec une mer assez démontée, la plongée bouteille offre un confort incomparable. On se laisse dériver le long d'un mur de corail en palmant mollement, pendant que les poissons viennent virevolter autour de vous.

Cette fois ci les photos sont les miennes :)







Coup de bol lors de ma deuxième plongée, je me retrouve avec un petit groupe de coréens qui font du deep diving (jusqu'à 30m de profondeur). Visiblement le moniteur ne veut pas s'emmerder à diviser le groupe en deux et me propose de plonger avec eux.   Heu.... ok, mais je n'ai la certification PADI que jusquà 18m !
Pas de souci pour le mono qui me dit que ça comptera comme une plongée profonde dans le cadre de la formation au niveau 2 lorsque je déciderais de la suivre, et sans suplément de prix.
Gloups,  bon ben d'accord... avec un peu d'appréhension quand même.

Du coup le briefing sécurité prend une dimension plus solennelle avec démonstration du fonctionnement du masque à oxygène et tout le toutim et rappel sur le risque de narcose (ivresse des profondeurs). 

La plongée profonde a un coté un peu intimidant, présente surtout un intérêt pour pouvoir plonger sur épaves, mais impose de rester moins longtemps au fond à cause de la pression.

Ni une ni deux, on se retrouve 10 min plus tard assis au fond d'un canyon sous marin à analyser les effets de la haute pression sur le matériel et les bonhommes, ainsi que la distorsion de la perception des couleurs.
Expérience intéressante !







Après une bonne dizaine de jours à Dahab, je quitte le Plaza hotel  sa piscine glaciale, ses chats adorables, le super patron Imad, ses boys, Kareeeeeeem, et Taoufik, et ses sympathiques résidents.

Bus de nuit vers le Caire terrible avec route cahotante, voisin bruyant, éclatement de pneu, steward vicelard,... ça c'est pour ceux qui croient que voyager backpacker c'est facile (lire à ce sujet Vis ma vie de Globe trotter)

En arrivant sur le Caire, le nuage de pollution qui s'étend sur la ville est peu avenante

mercredi 6 décembre 2017

Dahab2

Coucou,

C'est de Paris que je publierais ces deux derniers billets, puisque je suis bien rentré, en me faisant la réflexion qu'une partie du plaisir de voyager vient aussi du plaisir de rentrer.

Je ne peux pas vous laisser sans quelques dernières images de Dahab, avec une belle journée dans le désert





En 4x4 avec un chauffeur bédouin, et 5 collègues égyptiens




Descente dans le Canyon

Comme un air d'Antelope Canyon







Petit Oasis pour casser la croute


Un arbol de Piedra comme dans le Sud Lipez (Bolivie)


Pierre sculptée par le vent












Beaucoup de "villas fantôme" : le printemps arabe semble avoir laissé de nombreux projets sur le côté, avec la chute du tourisme



Après il y a eu quelques belles plongées, et ça été le retour un peu rock & roll vers le Caire, pour une petite visite de 3 autres pyramides et  mastaba. Mais c'est pour le prochain billet où l'on fera aussi la connaissance de Imhotep